La variété polychrome du marbre africain s’épuisa probablement dès la dynastie flavienne (fin du Ier siècle ap. J.-C.), époque où les carrières ne produisaient plus qu’une variété grisâtre parfois traversée de veinures rouges, comme l’atteste la multitude de blocs encore présents auprès du site d’extraction de Karagöl à Téos. Les fragments de colonne incrustée (A-B, X), uniques à ce jour, témoignent de la tentative complexe et laborieuse de réaliser artificiellement la qualité polychrome originelle du marbre africain, alors devenu presque introuvable, en insérant dans un fût de couleur grise des incrustations de brèche rouge au profil sinueux.
Récupération du grand fût en marbre beige africain dans le Tibre, près du Ponte della Scafa, en 1988
Détail du fût incrusté avec barre de fer de restauration, renfoncements vides avec cavités pour les broches et avec incrustations
(Bruno M. 2008)